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Old 03-19-2009, 04:57 AM   #3
roger64
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Bonjour

J'ai posté ceci aujourd'hui dans un forum Ubuntu. Désolé pour le pessimisme.

A propos des bibliothèques numériques.

Puisqu'on se rappellera plus tard que l'on a vécu à l'époque d'Hadopi, on se rappellera aussi que l'on ignorait encore en France ce qu'était une bibliothèque numérique. Ceux qui savaient le cachaient.

Même l'immense savoir du domaine public restait encore confisqué par les éditeurs. Les bibliothèques en ligne (Europeana et Gallica), fortes des millions que les gouvernements leur avaient jetés, ne mettaient pour l'essentiel à la disposition d'un public désabusé que des textes au format image, pour mieux les dérober à la curiosité populaire. Le peuple n'avait-il pas le choix éclairé d'acheter les volumes de La Pléiade, au prix moyen misérable de 53 euros l'exemplaire ?

Quant aux oeuvres contemporaines, le prix unique du livre, conçu pour une autre époque bloquait tout développement, entravait tout espoir de diffusion massive, sans que nul ne s'en offusque, ni la gauche confite dans ses préjugés égalitaires, ni la droite confortablement et hypocritement installée sur ses rentes.

Et pourtant la technologie existait. Le prix de revient dérisoire du livre numérique, les technologies numériques de prêt, auraient enfin pu mettre pour la première fois -presque- tout à la disposition de tous. Les exemples qui fonctionnaient aux Etats-Unis, dans d'autres pays d'Europe étaient passés sous silence. Il fallut attendre 2034 pour que la première bibliothèque numérique (c'est à dire comprenant à la fois des oeuvres du domaine public et des oeuvres contemporaines) fut créée à ...Lisieux. Oui, madame.

Malheureusement, c'est cette année là que la durée de validité des droits d'auteur fut portée de 150 à 225 ans en contrepartie d'une augmentation minime de 85 à 95% de la part de l'éditeur et du distributeur dans le prix des livres.

La France voulait continuer son rêve immuable, le modèle dépassé d'une culture pour laquelle les oeuvres de qualité ne peuvent avoir qu'un prix exorbitant, sans s'apercevoir que son coeur s'étiolait, que sa sève se tarissait, que les esprits curieux partaient regarder ailleurs...

J'ai le sentiment d'appartenir physiquement à un pays qui a perdu sa confiance, rabougri et méfiant. L'inquisition a permis historiquement de combattre les hérétiques. Elle a toujours eu pour résultats la sclérose et le déclin. Faudra t-il que le souffle du renouveau vienne d'ailleurs ? Probablement mais hélas dans une autre langue que la nôtre. Je le crains.
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