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Old 03-18-2009, 06:03 PM   #1
markus_leicht
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Lightbulb La librairie et son devenir face au livre électronique

On a commencé à en parler avec Zelda dans un autre thread :
http://www.mobileread.com/forums/new...ote=1&p=398764

Je reprends mes propos :

À mon avis, la librairie de quartier est condamnée à moyen terme (si ce n'est à court terme). Je ne vois pas le client aller télécharger un livre sur une borne dans un magasin alors qu'il peut le faire de chez lui, ou de son lieu de travail, ou directement depuis son smartphone. Tout comme personne n'ira dans un magasin Virgin pour aller télécharger des mp3 qu'il est bien plus facile de récupérer sur le site internet du magasin.

Quant à ouvrir un site pour vendre en ligne, le marché est déjà bien squatté par quelques gros qui bouffent tous les petits. Les lecteurs préfèrent aller sur les sites d'Amazon, la Fnac, Alapage plutôt que sur ceux des petites librairies qui, il faut bien le reconnaître, n'ont pas les moyens, en personnel, pour gérer efficacement un site de vente et le rendre aussi attractif.

Quand on dit que la librairie doit s'adapter, ça ne veut pas nécessairement dire qu'elle doit se tourner vers le numérique. Aujourd’hui on voit de plus en plus arriver des livres objets, des livres gadgets (la mode est aux livres accompagnés d'un ustensile de cuisine ou, comble du ridicule, d'un paquet de farine).

Je pense que la librairie de demain n'aura plus rien à voir avec la librairie d'aujourd'hui. Je ne suis même pas sûr qu'elle vendra encore des livres. Mais elle restera un lieu où on s'intéressera au livre. Sous quelle forme ? Le premier qui trouvera la bonne réponse empochera sans doute le pactole.

Donc oui, la librairie de quartier, telle qu'elle existe maintenant, est condamnée. Mais elle renaîtra sous une nouvelle forme. Reste à savoir laquelle. (J'ai bien ma petite idée, mais j'aurai l'occasion d'y revenir ultérieurement).


Et ceux de Zelda :

Je verrais bien les librairies de quartier se transformer en véritable lieux de vie du quartier, avec des rencontres avec les auteurs, des lectures, des animations... et un espace multi-média pour ceux qui aiment encore feuilleter un livre en papier et traîner dans les rayons mais qui préfèrent acheter en numérique...

J'en ai parlé avec un pote qui a beaucoup travaillé dans la photo, il m'a dit qu'à son avis une borne ne suffit pas ; ils ont testé avec les bornes de tirages photos et ça a fait un bide, par contre il y a une chaîne de magasins photo (il ne se rappelait pas le nom) qui a créé de véritables espaces numériques, avec des ordinateurs et un assistant là pour aider le client pour faire carrément des retouches or recadrer l'image avant de l'imprimer, et là ça marche du tonnerre.

comment est-ce qu'on pourrait adapter ce modèle à la librairie ? qu'aimeriez-vous y voir ?


Quand je dis qu'il n'y aura plus de livre ce n'est pas tout à fait vrai. L'édition papier, face au numérique, va poursuivre son évolution. Les tirages vont aller progressivement en diminuant. Surtout sur le roman et l'essai. Le beau livre et le livre pour enfant pourrait survivre à un niveau correct pendant un bon moment. Le reste de l'édition se réduira peu à peu à des tirages moindres et on va voir se développer la micro édition.

La micro édition ce n'est pas un phénomène nouveau. Sur ces forums nous sommes au moins deux à en faire. Robert Soubie et ses Editions de l'Age d'Or et moi-même avec Le Songe des Murènes. Il s'agit de réaliser des petits tirages, en profitant des facilités de l'imprimerie numérique, ou de faire de l'impression à la demande. Pas d'investissement énorme et rentabilité presque immédiate.

Donc oui, il y aura encore du livre dans les librairies de quartier. Et Zelda décrit assez bien ce que pourraient devenir ces librairies. Des lieux de vie autour de l'écrit. Il est difficile de faire dédicacer un ebook. Mais on pourra développer d'autres formes de dédicaces. Pourquoi pas une carte présentant un court inédit de l'auteur avec un côté réservé à cette dédicace... C'est une idée, mais on peut en développer des centaines. A partir du moment où un auteur se vend, se créeront des envies de collections, des désirs d'objets qui rapprochent de son auteur préféré.

Ce n'est qu'une idée, comme je l'ai dit. Mais il y en a d'autres. Les librairies devront donc développer de nouvelles accroches. Organiser des rencontres fréquentes avec des auteurs (rien d'impossible à cela. Il m'est arrivé d'organiser trois ou quatre jours de rencontre, à la boutique avec un ou deux auteurs), sauf que là il faudra rentabiliser ces journées. Si le libraire vend moins de livres il faut qu'il rentre de l'argent d'une autre manière...

C'est tout pour l'instant (je reprendrai plus tard).

A vous de pianoter un peu sur vos clavier pour partager vos visions de la librairie de demain.

Last edited by markus_leicht; 03-18-2009 at 06:53 PM.
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