View Full Version : Antoine Gallimard s'attaque au format ePub et à l'iBookstore


shinjilestat
06-10-2010, 09:11 AM
Antoine Gallimard n'aime pas l'iPad ainsi que son iBookstore et tient à le faire savoir. Récemment, il qualifiait la tablette d'Apple de "Nespresso de la culture". Dans un entretien donné au sitez lepoint.fr, le PDG de Gallimard explique pourquoi il souhaite rester à l'écart de l'iBookstore.

Si on peut comprendre parfaitement sa décision, ses arguments pour l'expliquer laissent songeurs par contre. Il s'en prend notamment au format e-pub, utilisé entre autres par Apple pour iBooks : "Ce format donne la possibilité au lecteur de changer, à sa guise, la topographie du texte ou d'un livre (sa taille de caractère ou l'emplacement d'une image, etc.). Du coup, tous les efforts traditionnels et historiques de l'éditeur dans la conception d'une page ou d'un livre disparaissent. La numérisation risque ainsi de dévaloriser le contenu."

Il semble également avoir un problème avec les catégories de l'iBookstore : "Dès que vous commandez un ouvrage, elle enregistre votre choix. Du coup, dès qu'un livre sort dans cette catégorie, elle ne vous propose que celui-là. On perd tout le libre arbitre qu'on pouvait avoir avec la librairie traditionnelle".

Enfin, il ne digère pas les conditions d’Apple concernant la tarification des livres. La firme de Cupertino impose aux éditeurs de vendre la version numérique d'un livre 20 % moins cher que la version papier. Il refuse qu'un fabricant "fasse le marché".

Dans cet entretien, Antoine Gallimard affirme regarder Apple "Apple avec un oeil beaucoup plus favorable que Google".

Pour contrecarrer les plans des deux sociétés américaines, Gallimard, Flammarion et La Martinière ont lancé leur propre plate-forme de téléchargement, Eden Reader qui vient juste de faire son apparition sur l'iPad. Nos confrères d'eBouquin en ont fait un test rapide.

La partie de lecture est très similaire à l'iBooks. Par contre, la plate-forme de téléchargement est nettement moins intuitive. Chose curieuse par rapport aux déclarations d'Antoine Gallimard, elle propose à la vente des livres au format PDF et au format … ePub !

Source : igeneration (http://www.igeneration.fr/itunes/antoine-gallimard-s-attaque-l-ibookstore-et-son-format-epub-11727#comments)

J'adore l'attitude passéiste de cette industrie du livre qui me fait de plus en plus penser à celle de la musique au début des années 2000.

Allez vois l'article d'ebouqin sur cette plateforme de téléchargement et surtout les commentaires sur cet article : Eloquent :chinscratch: :rofl:

Avec une telle attitude et un tel mépris de leur client, ces maisons d'éditions vont pousser gentiment mais surement leurs clients vers des moyens beaucoup moins légaux pour télécharger leurs livres électroniques.

Et puis il est bien sympa le père Gallimard, mais tout le monde n’a pas un 8 pièces de 200m².
Moi avec mon 3 pièces de 55 m², j’apprécie de ne plus stockés mes livres. C’était un réel problème pour moi et du coup, je n’achetais plus de livres. Marre de chercher où les ranger.

J’apprécie aussi de pouvoir changer la taille des caractères quand ceux-ci sont trop petits.

Bref, j’attends du livre électronique autre chose que la version papier, à commencer par un prix beaucoup moins élevé.

Il semble pourtant que cela soit possible, puisque beaucoup de petits éditeurs, arrive sans mal à proposer des versions électronique à moindre frais (ex : Rue des Promenades qui propose ses livres papiers à 8-10 € alors que les versions électroniques sont vendues 2-3,50 €).

Pourtant le TVA sur ces versions électroniques n’est pas la même pour eux aussi, non ?

Grimaud
06-10-2010, 12:28 PM
Je ne comprend pas certaines de tes réactions. Il n'est pas contre vendre moins cher ses livres, il est contre le fait que quelqu'un lui impose le prix auquel il vendra un livre. De même, j'ai pas trop compris le délire sur l'appartement de 200m², vu que tu réagis aux propos de quelqu'un qui n'est pas opposé au numérique et qui a mis en oeuvre des moyens pour y arriver (ils ont l'air d'avoir de nombreux projets à ce niveau).

shinjilestat
06-11-2010, 04:28 AM
Désolé de te contredire, mais d'après ses déclarations et les prix pratiqués sur Eden, il est foncièrement contre vendre des livres dématérialisées tout court et encore plus de les vendre moins chers.

Mais je ne critiquais pas spécialement ce monsieur en particulier, mais plutôt l'industrie de livre français en général qui, pour moi et comme l'industrie de la musique au début des années 2000, va droit dans le mur.

Certes, ces éditeurs ont de nombreux projets mais qui leur permettent de garder leur très confortables marges.

Je m'attends bientôt à une justification de ces prix à la Sony, comme avec les jeux dématérialisées, nous expliquant que les prix pratiqués sont là pour ne pas concurrencer les librairies :smack:.

De plus tout est fait actuellement pour décourager l'achat :
- Multiplication à gogo des plateformes de téléchargement.
- Incompatibilité des DRM utilisés et lourd à gérer.
- Prix excessifs et injustifiés
- Dans le cas d'Eden, création de pas moins de 3 comptes différents avant de pouvoir accéder à la boutique :rolleyes:

C'est ce que je considère comme une attitude passéiste de cette industrie où tout est mis en œuvre pour empêcher une évolution du marché.

Et mon délire sur l'appartement de 200m², était justement là pour souligner que comme beaucoup de gens de mon entourage, je n'achetai plus de livres par manque de place. Tout le monde ne peux pas avoir une pièce dédié à une bibliothèque. Alors qu'avec la dématérialisation, ce problème ne se pose plus et représente une opportunité de vendre plus.

Mais apparemment, il ne faut pas bousculer les habitudes.

Grimaud
06-11-2010, 05:13 AM
Sur la capture d'écran utilisée par iGeneration, pourtant, les deux fichiers sont vendus moins cher que le livre papier (qui est à 18 €, ce qui revient à -15 % sur le fichier ePub et -20 % sur le fichier PDF). De même pour ses déclarations, il est assez clair sur la nécessite d'organiser une offre numérique légale et attractive. Ça parait difficile de faire cohabiter cette capture d'écran, sa déclaration au Point et un refus de vendre des livres électroniques moins cher que le papier : il le fait déjà...

Sur les DRM, la dernière information qui avait été disponible, c'est qu'Apple allait utiliser FairPlay, beaucoup moins ouvert qu'Adept, le système qui a à priori été choisi par Gallimard. Ce qui créé une plateforme fermée, disponible uniquement pour ceux qui ont du matériel Apple. On a vu plus ouvert. :smack:

Avoir plusieurs plateformes de téléchargement n'est pas un souci, c'est même plutôt une bonne chose. À la condition qu'elle soit compatible entre elles, et là, que ce soit Apple ou Amazon, c'est bonnet blanc ou blanc bonnet, alors que la plateforme que tu critiques à au moins le mérite d'être compatible avec de nombreux appareils de constructeurs différents.

Et oui, les éditeurs vont, au moins dans un premier temps, faire leur possible pour préserver le réseau de libraires français. C'est eux qui pour le moment font l'essentiel de leurs ventes, et elles restent des lieux exceptionnels pour découvrir les livres. Après, avec le temps, j'ignore comment ça va se passer, mais j'aimerais bien qu'elles continuent à exister :)

shinjilestat
06-11-2010, 06:38 AM
Il est clair que l'on est en complet désaccord.

15€30 ou même 14€40 pour un livre dématérialisé c'est au choix :

- se moquer de ses clients.
- les prendre pour des vaches à lait.
- ne pas vouloir que l'offre rencontre son public.

Qu'est ce qui justifie un tel tarif ?
La TVA à 19,6% ?
Les compétences hors pair d'un administrateur pour stocker le livre sur un serveur ?

Si je ne m'abuse, l'éditeur n'a plus à imprimer le livre, à s'assurer de son transport et éventuellement à sa destruction en cas de mauvaise vente, etc.

Pour moi, un livre dématérialisé devrait être au prix d'un livre poche, ni plus, ni moins.

Pour en revenir au DRM, effectivement Apple utilise FairPlay sur les ebook à la demande des maisons d'éditions. Tout comme elle le faisait sur la musique avant la lettre ouverte de Steve Jobs pour les dénoncer et l'abandon progressif par les majors.

Et dans l'absolu, il ne devrait pas avoir de DRM, comme c'est maintenant le cas avec la musique.

Je constate que tu semble justifier cet état de fait alors que moi, je prédis qu'il ne pourra pas perdurer au risque de voir le même schéma de l'industrie de la musique se reproduire.
C'est à dire un piratage à grande échelle suivi par plusieurs tentatives pour tenter de l'enrailler qui se sont toutes soldées par des échecs cuisants avec comme résultat toute une génération perdue qui considère la musique comme gratuite. Pour au final, comprendre qu'il ne fallait pas pénaliser les honnêtes consommateurs avec les DRM et baisser le prix des CD.

Pour les librairies, je ne m'en fais pas, car pour beaucoup encore, rien ne remplace le conseil et un vrai livre. Mais il est clair, qu'elles devront s'adapter.

Grimaud
06-11-2010, 08:32 AM
Que le prix ne te convienne pas, c'est une chose, mais tu ne peux pas nier qu'il vend moins cher. Il vend même au prix qu'Apple lui imposerait si il était chez eux et c'est sur cette base que tu sembles avoir construit ton idée qu'il voulait vendre cher.

La fabrication n'est responsable que de 16 à 20 % du prix final d'un livre, et la distribution 10-11 %. Le reste est sauf oubli, toujours nécessaire pour avoir autre chose qu'un Bloc-note numérique :D Faudrait voir le prix des serveurs et de la bande-passante nécessaire pour faire tourner tout ça, mais ça doit pas être gratuit à ce niveau d'exigence et d'ampleur. Faudrait que je demande à un ami qui travaille dans le domaine si il a une estimation qu'il peut donner, ça pourrait être intéressant.

Sur les DRM, rien n'obligeait Apple à utiliser un DRM aussi fermé que le sien alors qu'il existe des solutions alternatives. Mais elles ont le défaut de fonctionner sur les appareils des autres marques et ça, c'est pas bon pour le business du constructeur, qui se base sur une intégration très poussée du logiciel, du matériel et du contenu.

Sur la musique, il ne faudrait pas oublier les pressions de la justice dans de nombreux pays, et le fait que les majors avaient déjà autorisées des concurrents d'Apple a proposer de la musique sans DRM, avant de tresser une auréole à Steve Jobs :D Surtout qu'un des arguments d'Apple pour obtenir des contrats avec des maisons d'édition, ça a été une augmentation des prix par rapport à ceux fournis par Amazon et son Kindle. :rolleyes:

Après, je ne défend pas le statu-quo même si les DRM ne me dérangent pas quand ils sont transparents pour moi (dans le domaine, Apple est plutôt pas mal) et qu'ils ne me lient pas à un constructeur à vie (et là, Apple, c'est pas la joie...), mais taper sur un éditeur particulier, pour de mauvaise raison, et défendre un autre, sans forcément regarder ce qui s'est réellement passé :)

zelda_pinwheel
06-11-2010, 08:55 AM
j'avoue que les attitudes de M. Gallimard rapportées dans cet article m'ont choquée aussi. je ne suis pas spécialement épatée par les prix qu'ils pratiquent, déjà, mais c'était surtout ceci que j'ai du mal à avaler :

"Ce format donne la possibilité au lecteur de changer, à sa guise, la topographie du texte ou d'un livre (sa taille de caractère ou l'emplacement d'une image, etc.). Du coup, tous les efforts traditionnels et historiques de l'éditeur dans la conception d'une page ou d'un livre disparaissent. La numérisation risque ainsi de dévaloriser le contenu."

je trouve cette attitude grave pour plusieurs raisons.

d'abord, un éditeur qui ne se rend pas compte qu'il est possible de faire un beau livre en epub, indépendamment à la taille de caractères (et ne sait pas que les images restent avec le texte associé lorsqu'on en modifie la taille), ou pire encore qui semble croire que les *seuls* éléments à prendre en compte pour faire un beau livre sont ceux-ci, n'a clairement pas pris le temps de se pencher sur la question. or, si celui-ci a envie qu'on le prenne au sérieux en tant qu'éditeur proposant une offre numérique, il aurait intérêt à le faire.

le fait qu'il répugne à permettre aux lecteurs de s'approprier leurs livres pour les lire à leur gré, en adaptant l'affichage à leur confort... quelle arrogance ! j'ai l'impression que d'après lui, le lecteur devrait lui être reconnaissant de lui fournir les quelques bouquins qu'il a daigné publier, mais sans jamais songer à en prendre pleinement possession. or la lecture devrait être en quelque sorte une communion entre le lecteur et le texte ; on s'y plonge, on s'y perd, et les caractères imprimés devraient fondre pour laisser plus de place aux idées. si pour cela il faut monter la taille des caractères pour ne pas être gêné (il m'est déjà arrivé d'abandonner un livre qui m'intéressait vraiment parce que pour des raisons purement matérielles (reliure trop raide, typo sans sérif difficile à lire) je n'arrivais pas à le lire), j'ai du mal à comprendre comment il peut y trouver à redire. au contraire il devrait être heureux de penser que ses livres seront accessibles à une population plus grande ! je pense à ma grand-mère, qui perd la vue, et qui doit désormais sortir sa mega-loupe pour déchiffrer, péniblement, quelques mots. là c'est sans doute trop tard mais si elle avait pu avoir une liseuse qui lui permettait d'afficher son texte bien gros avant que sa vue dégénère trop, elle aurait pu continuer à lire des livres pendant quelques années de plus (maintenant elle écoute des livres audio à la place). moi-même je ne suis pas aveugle, juste un peu myope, mais le soir j'aime bien bouquiner dans mon lit sans mes lunettes et par une lumière plutôt tamisée, du coup j'agrandis un peu le texte pour plus de confort.

plus grave est le fait qu'il semble réduire le travail d'un éditeur (réel et important, lorsqu'il est bien fait) au choix d'une taille de caractère, et croire que la valeur du contenu est celle (perçue) de son contenant. j'ai du mal à croire que le fait de pouvoir agrandir la taille du texte va faire que nous ne trouvons plus de valeur ni au texte lui-même ni au travail de l'éditeur ! dont le plus important est certainement de peaufiner le texte lui-même bien plus que sa présentation (et notez que je ne dévalorise aucunement une belle présentation, au contraire, c'est même vital pour moi). est-ce que cela veut dire qu'il préfère un pdf ou un livre papier mal-édité et bourré de coquilles, à un epub à l'affichage modulable, dont le texte lui-même a été relu et corrigé correctement ? ou est-ce qu'il croit que nous, lecteurs, le préférons ? qu'un livre numérique a un coût de production et de gestion moins important qu'un livre papier, ça oui ; et que son prix devrait tenir compte de ces économies, absolument. et qu'il ne se rend pas compte qu'en baissant les prix des livres il les rend accessibles au plus grand nombre et risque donc d'en vendre davantage, ce qui est tout bénéf pour lui (le prix de revient approchant 0 à mesure que le nombre de ventes croît...)... c'est un peu l'arbre qui cache la forêt non ?

le fait de rejeter un format standard, qui apporte bien d'avantages à la lecture numérique (du moins en parole, car il faut noter que les ebooks édités par Gallimard sont effectivement disponibles en epub) pour des raisons aussi superficielles et fausses... il se fourvoye sur toute la ligne.

moi aussi je suis à fond pour aider les libraires. mais le moyen de le faire n'est surement pas de vouloir brider le numérique par tous les moyens (ce qui est, de toute façon, comme vouloir retenir la marée de ses mains nues). un peu moins d'arrogance, un peu plus d'ouverture d'esprit, il pourrait trouver quelques VRAIES solutions (elles existent !!!).

FlorenceArt
06-11-2010, 08:57 AM
Si on peut comprendre parfaitement sa décision, ses arguments pour l'expliquer laissent songeurs par contre. Il s'en prend notamment au format e-pub, utilisé entre autres par Apple pour iBooks : "Ce format donne la possibilité au lecteur de changer, à sa guise, la topographie du texte ou d'un livre (sa taille de caractère ou l'emplacement d'une image, etc.). Du coup, tous les efforts traditionnels et historiques de l'éditeur dans la conception d'une page ou d'un livre disparaissent. La numérisation risque ainsi de dévaloriser le contenu."

Wouaouh. Il y aurait tellement de choses à dire là-dessus que je ne sais pas par où commencer, sauf peut-être par :rofl:

Que Monsieur Gallimard commence par nous proposer des epubs correctement mis en page et avec une typographie adaptée à une lecture électronique, et on reparlera de tout ça. Certainement ce n'est pas facile, c'est une technologie nouvelle, tout le monde tâtonne, mais c'est son métier que diable ! Il en est fier, même, et il n'a pas tort, mais un métier, ça évolue, il va falloir qu'il s'y fasse.

Il semble également avoir un problème avec les catégories de l'iBookstore : "Dès que vous commandez un ouvrage, elle enregistre votre choix. Du coup, dès qu'un livre sort dans cette catégorie, elle ne vous propose que celui-là. On perd tout le libre arbitre qu'on pouvait avoir avec la librairie traditionnelle".


C'est touchant cette volonté de préserver le libre-arbitre du consommateur, mais le consommateur ça fait belle lurette qu'il a assimilé les modes de fonctionnement des sites de vente en ligne et qu'il a appris à les utiliser à son profit. Certains apprécient les recommandations automatiques à la Amazon, perso je m'en méfie mais je les utilise aussi, et surtout je cherche ailleurs des recommandations de livres, notamment dans des échanges avec d'autres lecteurs, en ligne ou en vrai. C'est ça mon libre-arbitre, le droit de choisir entre des sources d'informations différentes.

Je soupçonne que le "libre-arbitre" de Monsieur Gallimard, c'est la recommandation traditionnelle par une librairie. Je n'ai rien contre, bien au contraire, mais ça n'a rien à voir avec le libre-arbitre.

Je déteste quand on utilise des mots qui font bien en détournant leur sens pour donner un vernis d'intérêt général à son intérêt particulier (et à court terme qui plus est).

Et voilà, na.

P.S. Bien évidemment, il y aurait aussi beaucoup à dire sur l'expression "Nespresso de la culture" :rolleyes: Ah, culture, culture, que de bêtises a-t-on fait en ton nom...

zelda_pinwheel
06-11-2010, 08:59 AM
Que Monsieur Gallimard commence par nous proposer des epubs correctement mis en page et avec une typographie adaptée à une lecture électronique, et on reparlera de tout ça. Certainement ce n'est pas facile, c'est une technologie nouvelle, tout le monde tâtonne, mais c'est son métier que diable ! Il en est fier, même, et il n'a pas tort, mais un métier, ça évolue, il va falloir qu'il s'y fasse.

bien dit florence, je suis d'accord avec toi sur toute la ligne !

FlorenceArt
06-11-2010, 09:01 AM
bien dit florence, je suis d'accord avec toi sur toute la ligne !

Et moi avec ton précédent message, surtout sur le sujet de l'arrogance :p

shinjilestat
06-11-2010, 10:07 AM
La fabrication n'est responsable que de 16 à 20 % du prix final d'un livre, et la distribution 10-11 %. Le reste est sauf oubli, toujours nécessaire pour avoir autre chose qu'un Bloc-note numérique :D Faudrait voir le prix des serveurs et de la bande-passante nécessaire pour faire tourner tout ça, mais ça doit pas être gratuit à ce niveau d'exigence et d'ampleur. Faudrait que je demande à un ami qui travaille dans le domaine si il a une estimation qu'il peut donner, ça pourrait être intéressant.

Tu l'admets toi même : fabrication 16 à 20% et distribution 10-11%.
On est loin du compte quand on regarde le prix d'un livre électronique qui n'a pas besoin de ces frais même si on ajoute la TVA à 19,6%.

Concernant le coûts des serveurs et de la bande passante, je peux te répondre directement car je suis dans ce domaine. Je t'assure qu'ils ne s'élèvent pas à plus de 5% maximum. Pour proposer des livres électroniques à prix raisonnable, je te renvoi sur l'exemple que j'ai pris avec ruedespromenades.com .

Sur les DRM, rien n'obligeait Apple à utiliser un DRM aussi fermé que le sien alors qu'il existe des solutions alternatives. Mais elles ont le défaut de fonctionner sur les appareils des autres marques et ça, c'est pas bon pour le business du constructeur, qui se base sur une intégration très poussée du logiciel, du matériel et du contenu.

Et ça a parfois du bon, si on veut mettre la technologie à porter de tous.
Je parle de l'intégration, bien sur, pas des DRM dont je suis un fervent détracteur. Je ne reviendrai pas sur l'expérience d'Ebook Reader de Sony ou encore sur les DRM Adobe car je crois qu'ils illustrent parfaitement ce que le manque d'intégration peut proposer comme aberration.

Sur la musique, il ne faudrait pas oublier les pressions de la justice dans de nombreux pays, et le fait que les majors avaient déjà autorisées des concurrents d'Apple a proposer de la musique sans DRM, avant de tresser une auréole à Steve Jobs :D Surtout qu'un des arguments d'Apple pour obtenir des contrats avec des maisons d'édition, ça a été une augmentation des prix par rapport à ceux fournis par Amazon et son Kindle. :rolleyes:

Je pense que tu as la mémoire courte et tu semble oublier qu'Emi a été la première à abandonner en avril 2007, soit 2 mois après la lettre ouverte de Steve Jobs, les DRM sur iTunes avant même que cela soit le cas sur Amazon & cie. Eux ne les ont abandonné qu'en septembre 2007. Avant cela, il n'y avait que quelque promotion exceptionelle, rien de plus.
Alors oui, la lettre de Steve Jobs a peut être été le résultat de la pression de plus en plus importante de la Norvège, mais le résultat est là. Depuis avril 2007, les DRM sur les fichiers musicaux ont peu à peu disparu, remplacés par un marquage électronique.


Pour la suite je pense que zelda_pinwheel et FlorenceArt ont parfaitement résumer ce que je pense du mépris afficher par ce monsieur.

Grimaud
06-11-2010, 10:54 AM
qu'un livre numérique à un coût de production et de gestion moins important qu'un livre papier, ça oui ; et que son prix devrait tenir compte de ces économies, absolument. et qu'il ne se rend pas compte qu'en baissant les prix des livres il les rend accessibles au plus grand nombre et risque donc d'en vendre davantage, ce qui est tout bénéf pour lui (le prix de revient approchant 0 à mesure que le nombre de ventes croit...)... c'est un peu l'arbre qui cache la forêt non ?
On parle quand même de l'iPad, un appareil qui coûte de facilement un tiers du salaire moyen en France :D Même un Opus n'est pas encore un modèle d'accessibilité, malgré son prix bas pour une liseuse. Le ticket d'entrée de la lecture numérique, il est encore loin d'être accessible. Jusqu'ici, toutes les études ont montré que c'était des gros lecteurs aisés, tendance très aisés qui sont clients. Et même si je trouve l'iPad plutôt pas cher pour un produit Apple, Apple ne fait jamais dans la charité (enfin, la charité d'Apple commence toujours par Apple :rofl:) donc faut pas espérer que le marché se soit tant démocratisé que ça (et quand on voit les chiffres américains, avec 2,5 livres par iPad en 2 mois, c'est pas trop le signe d'un public de gros lecteurs alors que le marché américain est plus avancé que nous sur la transition papier > numérique).

Tout ça pour dire que pour le moment, je ne suis pas convaincu que vendre un livre numérique de plus soit pour eux si intéressant, c'est sans doute un livre papier qu'ils ne vendent pas, parce qu'ils ne touchent pas forcément un nouveau public. Après, ils ne peuvent pas l'ignorer et j'espère pour eux qu'ils sauront réussir la transition, en tant que lecteur, aucun de nous ne sera gagnant si ils se vautrent. Enfin, vu vos remarques, ils ont encore du boulot niveau qualité :smack:

Tu l'admets toi même : fabrication 16 à 20% et distribution 10-11%.
On est loin du compte quand on regarde le prix d'un livre électronique qui n'a pas besoin de ces frais même si on ajoute la TVA à 19,6%.Tu retires 30%, mais tu dois ajouter 15% de TVA et 5% de distribution numérique. Au final, ça me semble bien faire un -10% en considérant que tout le reste est égal. Pourtant, on a -20 %, ce qui est plutôt mieux ou alors j'ai raté un calcul :blink:

Ton exemple, c'est un éditeur qui tape ailleurs pour baisser le prix, ou qui a des charges moins importantes parce que c'est une toute petite structure, ou qui a une stratégie particulière sur le numérique (Baen, par exemple, utilise le numérique comme un appât pour faire vendre du papier, d'ou les prix, mais ils le disent eux-mêmes : leur stratégie n'est pas forcément la bonne pour tout le monde).

Et ça a parfois du bon, si on veut mettre la technologie à porter de tous.
Je parle de l'intégration, bien sur, pas des DRM dont je suis un fervent détracteur. Je ne reviendrai pas sur l'expérience d'Ebook Reader de Sony ou encore sur les DRM Adobe car je crois qu'ils illustrent parfaitement ce que le manque d'intégration peut proposer comme aberration.
L'intégration, pas de souci, Apple a beaucoup à apporter à ce niveau, c'est son point fort (même si ils vont finir par se faire taper sur les doigts par la justice...) Mais vu le passé des DRM chez eux, je ne vais pas acheter de livres FairPlayriser tant qu'il y en aura, pas envie de devoir payer pour les retirer comme ça avait été le cas avec la musique et devoir être lié à l'utilisation de leur matériel en attendant.

À ce niveau, sauf erreur, Sony a été beaucoup plus correct (après avoir méchamment raté la fin de l'ATRAC :o), les utilisateurs ont pu récupérer leurs livres au format EPUB quand le BeBB (jamais cassé non plus) a tiré sa révérence.

Pour les DRM, sans les risques judiciaires, je ne sais pas si Apple aurait bougé. La société a beau aimé se donner une image cool, ils ont une passion pour le verrouillage (ce qui ne les empêche pas de faire du beau matériel, du beau logiciel, mais sur certains points, ils sont d'un archaïsme à pleurer...)

FlorenceArt
06-11-2010, 11:04 AM
Pour les DRM, sans les risques judiciaires, je ne sais pas si Apple aurait bougé. La société a beau aimé se donner une image cool, ils ont une passion pour le verrouillage (ce qui ne les empêche pas de faire du beau matériel, du beau logiciel, mais sur certains points, ils sont d'un archaïsme à pleurer...)

Apple a construit tous ses produits sur un principe de verrouillage, à part une expérience de quelques années où une ou deux sociétés ont été autorisées à faire des "clones" avec le Mac OS. Il y a des avantages et des inconvénients à cela, mais c'est clair que Steve jobs est un "control freak" :eek:

zelda_pinwheel
06-11-2010, 11:24 AM
On parle quand même de l'iPad, un appareil qui coûte de facilement un tiers du salaire moyen en France :D Même un Opus n'est pas encore un modèle d'accessibilité, malgré son prix bas pour une liseuse. Le ticket d'entrée de la lecture numérique, il est encore loin d'être accessible. Jusqu'ici, toutes les études ont montré que c'était des gros lecteurs aisés, tendance très aisés qui sont clients.
ben... oui et non. L'iPad est cher, ça oui. même un Opus reste un investissement, d'accord là aussi. Mais si le prétexte pour cet article est bien l'iPad, on parle de l'epub, dont l'intérêt est quand même de pouvoir le lire sur un paquet de supports différents, dont un pc (plusieurs solutions possibles y compris directement dans son navigateur en passant par ibis reader par exemple, même pas besoin d'installer une app spécifique...), et surtout des smartphones.

feedbooks a récemment intégré des statistiques à leurs pages ; j'ai pu donc voir que le livre que j'y ai mis en ligne, The Jumping Frog (http://fr.feedbooks.com/book/2925), a été téléchargé 6 461 fois, dont quasi la moitié depuis Aldiko (http://fr.feedbooks.com/book/2925/stats), qui est une application de lecture pour smartphone Android ! Et encore 20% par Stanza, qui est l'équivalent pour iPhone. ça fait presque 70% avant même de penser aux liseuses dédiés (ni à l'ipad). Personnellement je n'aime pas lire sur pc (et je ne pense pas que j'aimerais sur iPad non plus), mais il y a des gens que ça ne dérange pas, et il y a une quantité étonnante qui lisent sur leurs téléphones. Les clients dont tu parles sont, je pense, surtout ceux qui achètent des liseuses, mais attention, ça n'est pas forcément la même chose qu'un client qui lit des ebooks !

Et même si je trouve l'iPad plutôt pas cher pour un produit Apple, Apple ne fait jamais dans la charité (enfin, la charité d'Apple commence toujours par Apple :rofl:) donc faut pas espérer que le marché se soit tant démocratisé que ça (et quand on voit les chiffres américains, avec 2,5 livres par iPad en 2 mois, c'est pas trop le signe d'un public de gros lecteurs alors que le marché américain est plus avancé que nous sur la transition papier > numérique).
là aussi je voudrais tempérer. on parle surtout de l'ipad ici ; il s'agît d'une tablette avec laquelle on peut lire, mais pas d'une liseuse. je suis loin de convaincue que la majorité des acheteurs d'un ipad l'achète principalement pour lire. et je pense que si l'on regardait le nombre de livres achetés par quelqu'un qui possède plutôt un kindle (par exemple... aux states), les chiffres seraient très différents !

Tout ça pour dire que pour le moment, je ne suis pas convaincu que vendre un livre numérique de plus soit pour eux si intéressant, c'est sans doute un livre papier qu'ils ne vendent pas, parce qu'ils ne touchent pas forcément un nouveau public. Après, ils ne peuvent pas l'ignorer et j'espère pour eux qu'ils sauront réussir la transition, en tant que lecteur, aucun de nous ne sera gagnant si ils se vautrent. Enfin, vu vos remarques, ils ont encore du boulot niveau qualité :smack:
en France, c'est clairement pas encore plus intéressant pour eux, tu as raison. les ebooks en sont à leurs petits débuts ici, presque personne ne connaît, encore moins n'en achètent. mais ça vient, petit à petit, et de plus en plus vite. ça commence déjà à se faire connaître par le grand public et de plus en plus se laissent tenter par une liseuse. et le truc avec ce genre de phénomène c'est qu'une fois que ça décolle, ça peut aller très très vite... j'ai vu un article hier où Sony prétendait que le numérique dépasserait le papier comme support de lecture d'ici 5 ans seulement ! il vaut mieux, certainement, pour les éditeurs, s'y préparer et partir du bon pied même si dans le très court terme ça n'est pas super intéressant ; car dans le moyen et long terme, ça va être incontournable et ceux qui n'auront pas su s'adapter vont faire long feu...

et juste un mot sur l'achat d'un ebook qui serait un livre papier de moins vendu... pour certains, c'est sans doute vrai, mais pas tous ; avant les ebooks, je n'achetais presque pas de livres neufs, pour plusieurs raisons, dont le manque de place pour les stocker (parce que j'avais déjà acheté tant de livres d'occasion et parfois neufs). les ebooks ne prennent pas de place, et je constate que j'achète un ebook bien plus facilement que j'achetais un livre papier, ne serait-ce que pour cette raison... et pour l'instant en tout cas il n'existe pas de marché d'occasion pour les ebooks. ce qui veut dire que les éditeurs voient bien plus de mes sous si ils me proposent des ebooks, qu'autrement...

Grimaud
06-17-2010, 12:12 PM
Un entretien avec Eyrolles, intéressant à lire. On y parle de prix, des frais de conversions, des choix de formats, des volumes de ventes (pas énorme, à priori, ils sont en dessous des 5 % en version numérique).

http://www.igeneration.fr/ipad/interview-eyrolles-l-ipad-et-l-avenir-des-ebook-11818

SB : Sur IziBook on est à environ -15% comparé au papier est c'est le prix que l'on fait aussi avec la Fnac. Chez Numilog, comme il y a des DRM on est à -25%. Sur l'iBookstore on est aussi entre -15 et -20%. Mais avec une TVA à 5,5% au lieu de 19,6% sur les oeuvres numériques on pourrait aller jusqu'à -25% ou -30%. On est sur ces tarifs parce que les volumes de vente sont encore assez faibles pour des coûts de conversion ou de mise en place de chaînes de fabrication qui restent à amortir. Mais on tend vers du -30 voire -35% sur des livres numériques sans enrichissement.

blak4dr
06-25-2010, 01:36 AM
Tu retires 30%, mais tu dois ajouter 15% de TVA et 5% de distribution numérique. Au final, ça me semble bien faire un -10% en considérant que tout le reste est égal. Pourtant, on a -20 %, ce qui est plutôt mieux ou alors j'ai raté un calcul :blink:


Tu retires 30% (fab + distri) mais tu ne rajoutes que 5%. La TVA, tu vas la payer que ce soit sur le livre papier ou numérique. De plus si ton prix de base est moins important, ta TVA le sera moins aussi, d'où un gain supplémentaire.

De toute manière, il me semble que pour faire une version papier de nos jours, il faut une version électronique à l'origine. On est loin du temps où il fallait poser les lettres une par une sous la presse pour faire un page... alors qu'est-ce que c'est que cette histoire de pcou de fabrication du livre numérique supplémentaire. Une routine de conversion sur le fichier édité et on a un ebook.

Aurais-je loupé un truc ?

Grimaud
06-25-2010, 03:39 AM
La TVA sur le livre électronique n'est pas équivalente à celle sur le livre papier. D'où les 15% ajoutés à la louche.

Pour ta deuxième remarque, il faudra demander à Eyrolles :)

FlorenceArt
06-25-2010, 04:25 AM
De toute manière, il me semble que pour faire une version papier de nos jours, il faut une version électronique à l'origine. On est loin du temps où il fallait poser les lettres une par une sous la presse pour faire un page... alors qu'est-ce que c'est que cette histoire de pcou de fabrication du livre numérique supplémentaire. Une routine de conversion sur le fichier édité et on a un ebook.

Aurais-je loupé un truc ?

A priori, oui, et bien que je ne sois pas spécialiste de la question. La version électronique d'origine est réalisée pour une édition papier, avec placement précis de tous les éléments en fonction d'une taille de page particulière. Si tu veut voir ce que ça donne quand on applique une "routine de conversion" sans réfléchir aux spécificités de la lecture électronique, essaie de télécharger quelques extraits chez ePagine (http://www.epagine.fr/) : citation en exergue d'un chapitre qui se retrouve sur deux pages parce que placée trop bas, marges énormes qui bouffent la moitié de l'écran ... c'est ça que Môssieur Gallimard s'offusque qu'on puisse vouloir changer ?

Faire un livre électronique, c'est un métier, et avec le format ePub, si j'en crois les horreurs qui circulent, il est particulièrement facile de se planter. Evidemment du point de vue de la qualité, je trouve inadmissible de payer 20 euros pour ces machins, mais ça ne veut pas forcément dire qu'ils n'ont pas demandé du temps à réaliser.

pititetiti
01-21-2011, 07:14 AM
Perso je pense que le problème vient de plus loin que le prix des ebook. Qu'il vient déjà du prix des livres.

La lecture est devenu un hobby de riches. Qui est-ce qui peut encore se permettre un livre à 20€? Même les poches à 8€ pour un livre d'une grosseur normale, j'en lis 5-6 par mois, c'est tout un budget! La seule option viable pour une famille de 2-3 enfants est d'aller en louer à la biblio et pour cela il faut avoir la chance d'avoir une bonne biblio bien achalandée près de chez soi!

Vivant en Turquie, je me suis pris un gros fou-rire il n'y a pas longtemps:
En me baladant au centre ville, je vois la promo pour un livre écrit par un Istanbouliote et édité dans plusieurs langues dont le Français. La couverture était identique et le format du livre également mais pas le prix! Il coutait 19,..€ en français et 9,...$ en anglais! Franchement! qu'est ce qui explique que les américains puissent payer leurs livres tellement moins cher?

L'industrie du livre française est devenue, à mes yeux, élitiste. Il ne faut surtout pas vendre de livres au peuple, il risquerait de s'instruire! Après ne vous étonnez pas que les élèves ne sachent plus écrire correctement. (et encore je ne parle même pas des livres Disney sur lesquels nombreux ont appris à lire étant enfant et qu'on vend désormais ou double du prix pour la moitié voire le tiers du texte!)

Je ne sais pas si ce message est hors propos mais ça fait longtemps que je voulais communiquer mon énervement contre cette aberration alors le voici.

Deneb
04-11-2011, 02:23 PM
Je reprends cette conversation qui date un peu pour faire une remarque qui me tient à coeur, comme pititetiti, avec qui je suis complètement d'accord d'ailleurs. Ça fait bien longtemps que je n'achète mes livres que d'occasion pour la même raison, le prix exorbitant.


Tu retires 30%, mais tu dois ajouter 15% de TVA et 5% de distribution numérique. Au final, ça me semble bien faire un -10% en considérant que tout le reste est égal. Pourtant, on a -20 %, ce qui est plutôt mieux ou alors j'ai raté un calcul :blink:

Tu n'as pas raté un calcul, tu es tombé dans le piège des éditeurs quand ils utilisent ces mêmes chiffres.

Les calculs sont bons, mais la comparaison est fausse. Tu ne peux pas comparer UN ebook avec UN livre. Dans le cas du livre, les frais d'impression, de distribution et de destruction sont répétés à chaque livre, à chaque ré-édition ou réimpression. Chaque livre papier a, au moins, 30% de son prix dédié à ces postes (et pour rentabiliser la mise au pilon des invendus, il faut bien qu'elle soit repartie sur toute la production).

Alors que pour les ebooks, une fois les frais de mise en ligne payés pour le premier ebook mis en ligne. Ces frais sont alors répartis sur l'ensemble des ebooks (on met rarement 1 seul ebook en vente...) et diminuent donc proportionnellement selon le nombre de ventes (ET de l'ensemble des ventes du catalogue d'ailleurs).

Le prix de la mise en format epub, pour un fichier donné, qu'ils ajoutent de la même façon à chaque ebook, alors qu'il n'est fait qu'une fois, quelque soit le nombre d'ebook ensuite vendus, doit être lui aussi divisé par le volume des ventes, de ce fichier, le téléchargement d'un ebook n'est alors que la simple copie d'un fichier fixe à partir du serveur.

Ces frais ne sont payés qu'une fois pour tous les ebooks, pour toutes les ré-editions, pour tous les formats. Seule la TVA supérieure de 15% est à ajouter à chaque ebook, mais le prix de revient des ebooks diminue avec le volume des ventes. Il n'y a pas 20% fixes sur chaque ebook, comme il y a 30% fixes sur chaque livre. Une fois fait, et rentabilisé par un certain volume de vente, (que certains se sont amusés à calculer d'ailleurs, ce n'est pas très élevé si je me souviens bien) un ebook ne coûte plus rien et ne fait que du bénéfice, ce qui n'est pas le cas d'un livre papier.

Je veux bien me tromper, mais il faut comparer ce qui est comparable. Le bon sens n'a pas toujours raison, sinon la terre serait plate, mais je ne vois pas comment un ebook peut revenir aussi cher qu'un livre, et il faudra plus qu'une manipulation des chiffres pour me convaincre.

Grimaud
11-02-2011, 07:16 PM
Les 5% sont une estimation fournie par shinjilestat en page précédente, pour couvrir les frais de distribution numériques d'un livre (serveurs et bande-passante par exemple). Aucun chiffre éditeur la dedans :o

zebrella
11-11-2011, 11:01 AM
Le probleme que j'ai avec les prix c'est pour les livres qui ne viennent pas de sortir. Par exemple, le bouquin de Djian, Impardonnables paru en 2010 je crois, est vendu par la Fnac en format poche a 6.46 euros alors que la version epub est vendue a 6.80 euros. Pourquoi? Amazon (version anglaise du livre) fait pire. Le bouquin est vendu $8.86 alors que la version mobi est a $16.99... Oui pratiquement 2 fois plus cher. Cherchez le schmilblick!

Grimaud
11-11-2011, 12:52 PM
La fnac fait 5 % sur les livres papiers, pas sur les livres éléctroniques.

Quand au fichier mobi chez Amazon, son prix doit être fixé par rapport à la version grand format.

zebrella
11-11-2011, 02:02 PM
Et alors?

Pourquoi la fnac vendrait plus cher un livre electronique qu'un livre papier sur son site?

Pour Amazon, $8.86 est le prix du format hardcover, pas poche. Pourquoi le prix des livres electroniques n'evolue pas avec le prix du livre papier? Le prix du livre electronique est-il fixe?

Pour moi qui ne peut pas acheter les livres papiers directement, je cherchais des livres electroniques. Avec cette politique des editeurs/distributeurs francais, je n'achete pas de livres electroniques en France, j'achete les versions papier que je ramene quand je vais en France (rarement) ou quand quelqu'un me rend visite ici. C'est du n'importe quoi.

Grimaud
11-11-2011, 06:41 PM
Ce sont deux produits différents, pas nécessairement gérés par les mêmes équipes (pour la FNAC, c'est quasi certain puisqu'ils utilisent les services de Kobo pour leur librairie en ligne), pas nécessairement soumis aux mêmes conditions (tu es mieux placé que moi pour vérifier si le prix des livres papier est fixé par les éditeurs aux États-Unis ou laissé à la discrétion du distributeur. Pour ce qui est des livres électroniques, sauf changement, ce sont les éditeurs qui le décident depuis qu'Apple est arrivé sur le marché).

Conséquence possible et plausible :quand il y a une promotion sur le livre papier (qui est normalement vendu 24 $ pour le deuxième dont tu parles), elle n'est pas forcément répercuté sur le livre électronique. Ça se passe aussi comme ça avec les films ou les jeux vidéo.

Ce n'est pas bien compliqué de chercher des informations quand on cherche à répondre à la question « pourquoi ? » au lieu de la poser sans arrêt :p

FlorenceArt
11-14-2011, 04:44 AM
Oui, le prix du livre électronique est fixé par les éditeurs, de même que le prix du livre papier. Les éditions à prix réduit que tu vois ne sont pas vendus par Amazon directement mais par des revendeurs, je pense. Je ne suis pas sûre de ça mais je pense qu'il est possible de vendre un livre à prix réduit dans certaines circonstances (fin de série ou invendus), c'est ce que font les librairies maxilivre en France. Mais pour des librairies "normales" comme Amazon ce n'est pas possible ou en tous cas elles ne le font pas. Et puis bien sûr il y a le marché de l'occasion. Tout ça fait que pour le livre papier il y a quand même des possibilités d'acheter des livres à prix raisonnables, mais ces possibilités ont été soigneusement bloquées pour le livre électronique.

Je suis bien d'accord avec toi, Zebrella, c'est stupide. Mais comme tu le vois notre opinion est minoritaire, et tout le monde semble considérer comme normal qu'on laisse les éditeurs fixer les prix et bloquer le marché. C'est pour défendre la culture ...

Grimaud
11-14-2011, 08:26 AM
C'est Amazon.com, et c'était bien vendu par Amazon. Et ma question portait sur le prix du livre papier aux États-Unis.

Pour le prix du livre en France, sauf si mon libraire m'a raconté des bêtises il y a quelques années, ils ne sont limités à -5 % du prix éditeur que pour un temps donné ( 2 ans de mémoire, mais je ne me souviens plus quel élément fait débuter ce délai). Faudrait demander à quelqu'un qui est plus calé que moi ceci dit :)